
- La collecte dinformations in situ permettant de juger de la performance du
service (telles que : achalandage, temps de parcours et autres caractéristiques)
constitue une tâche essentielle pour un transporteur public pour offrir un service
performant et économique.

Les données quil peut être utile de collecter à bord des
véhicules concernent notamment :
- Passagers montants et descendants par arrêt;
- Temps de parcours;
- Temps dembarquement et de débarquement;
- Occurrence et amplitude de surcharges, etc
le tout selon le circuit, lheure, le jour de la semaine et
lendroit.
- Collectées pour lensemble des circuits, ces informations permettent au
planificateur dapprécier, aussi bien dans le détail (arrêt dautobus ou
tronçon de rue) que dans lensemble la performance du service fourni à la
clientèle et permet dapporter les ajustements nécessaires.
- Traditionnellement, les comptages à bord ont été faits manuellement. Bien
quutiles, ils savèrent toutefois coûteux en main duvre et le
type de même que létendue des informations amassées demeurent restreints. La
mise en place dun système de comptage automatique des passagers permet
dobtenir des données fiables, précises, détaillées, récentes à coût
raisonnable. Il est ainsi possible de constituer une base de données complète.

Un système de comptage automatique des passagers peut inclure les
composantes suivantes :
- Appareils de comptage (marche-pieds, senseur infra-rouge, etc.);
- Odomètre pour aider à déterminer la localisation du véhicule;
- Horloge pour connaître lheure;
- Processeur pour emmagasiner les données recueillies;
- Unité de stockage tel que disque dur ou disquette;
- Capteurs mesurant létat du moteur (ralenti, accélérations);
- Capteurs enregistrant louverture et la fermeture des portes;
- Balises radio ou GPS pour déterminer la position du véhicule, etc.
Actuellement, quatre technologies permettent le comptage automatique
des passagers :
Senseurs infra-rouge
- Les passagers entrant ou sortant du véhicule interrompent le signal émis par des
balises situées de chaque côté de la porte, habituellement à hauteur de ceinture.
- Les algorithmes inclus dans le logiciel de traitement permettent de tenir compte de la
sous ou de la surestimation des comptes en raison du comportement des passagers (va et
viens, deux descendent en même temps, etc.).
Senseurs à ultrasons
- Des senseurs acoustiques détectent le passage des voyageurs.
- Conçu spécifiquement pour les autobus à plancher surbaissé.
Marche-pieds
- Des marches intelligentes sont installées aux portes du véhicule.
Cest la pression des pieds des passagers entrant ou sortant qui déclenche le
comptage.
- Le calibrage des marches est essentiel. De même que pour les senseurs infra-rouge, le
logiciel est conçu de manière à tenir compte dune sous ou dune
surestimation.
Senseurs optiques
- Système de détection nimpliquant pas le franchissement dun rayon comme
pour le système infra-rouge. Un seul détecteur par porte est placé à lintérieur
du véhicule au-dessus du passage.
- Conçu spécifiquement pour les autobus à plancher surbaissé.
- Permet de détecter plusieurs mouvements de voyageurs à la fois
Les données recueillies sur les passagers montant et descendant
doivent pouvoir être localisées précisément sur le circuit dautobus. Deux
technologies sont disponibles :
- Des balises radio mises en place à intervalle régulier le long du parcours permettent
de connaître la localisation précise du véhicule lorsquil est à proximité. Les
informations de lodomètre permettent de connaître la localisation des arrêts
suivants jusquà la balise suivante.
- Lusage dun récepteur GPS à bord du véhicule permet de connaître à tout
moment sa position par linterrogation de satellites. En milieu urbain dense, cette
technologie peut toutefois poser problème.
Malgré lemploi de balises radio et de récepteurs GPS, des
erreurs de localisation peuvent survenir en raison de la faiblesse du signal,
dobstacles ou du positionnement du véhicule.
Les systèmes de comptage automatique, sil ont une structure
assez semblable (voir schéma), diffèrent toutefois sensiblement entre
transporteurs-utilisateurs (tant software que hardware).
- Les besoins (en termes de données) des clients varient en effet sensiblement; de même
que leur flotte de véhicules, ce qui engendre des problèmes de design particulier.
Aussi, il nest pas possible de fournir une information précise
quant au coût unitaire pour chaque système.
Les données emmagasinées dans la mémoire de lordinateur
embarqué du véhicule peuvent être ensuite transmises à un ordinateur central de
plusieurs manières :
- Manuellement, par un employé, de lordinateur embarqué vers une disquette ou un
ordinateur portable;
- Un employé établit un lien manuellement (via une ligne téléphonique par exemple)
entre lordinateur embarqué et un autre situé au garage par exemple;
- À laide dun équipement approprié, les données sont transmises
automatiquement à un autre ordinateur via léquipement radio du véhicule par
exemple. Certaines données peuvent être ainsi transmises en temps réel;
- Un lien optique (rayon infra-rouge) permet de transmettre automatiquement
linformation à un autre ordinateur localisé au garage par exemple .

Concernant lexactitude des données recueillies, les systèmes de
comptage automatique des passagers ont tendance, pour les circuits achalandés, à
sous-estimer lachalandage. Plus précisément, le comptage des embarquements est
généralement plus précis que celui des débarquement, en raison, semble-t-il de la plus
grande discipline des passagers attendant en ligne avant dentrer.
- Des tests sur le terrain réalisés à Washington, Ottawa et Denver ont permis
dévaluer les performances de systèmes de comptage automatiques :
Exactitude des comptages
Les essais réalisés à Washington en 1991 sur une ligne de bus en
exploitation ont révélé que, dans lensemble, les données recueillies par un
système de comptage à linfra-rouge étaient de valeur équivalente à celles
compilées manuellement. Cela confirme les informations glanées auprès des vendeurs et
transporteurs selon lesquelles lexactitude des comptages est supérieure à 90%.
Problèmes rencontrés
Les essais faits à Ottawa et Denver ont permis de souligner certains
problèmes. Concernant les senseurs à infra-rouge, on déplore notamment :
- Une surestimation des comptages par le dénombrement de parapluies et de bras, de même
quen raison du va et viens de certains passagers à lentrée du véhicule;
- Une sous-estimation des comptes à cause de groupes compacts ou du fait denfants
passant sous le rayon.
- Le mauvais fonctionnement des détecteurs en raison de leur encrassement et du froid.
Les marche-pieds ne sont pas en reste :
- Le comportement des voyageurs affecte la qualité des comptages : certains sautent
une marche en entrant dans lautobus; dautres sont comptés plusieurs fois en
piétinant sur place sur la marche.
- La rigueur du climat les affecte plus durement : les vibrations les dérèglent et
les infiltrations deau et de sel entraînent de la corrosion
Économie de coûts
À Washington, on a évalué que lemploi dun systèem
automatique de comptage pouvait résulter en des économies variant de 66 à 90% par
rapport à une collecte manuelle.
Une enquête réalisée auprès de transporteurs nord-américains a
permis de faire les constats suivants :
- La technologie utilisée (marche-pieds, infra-rouge) importe bien moins que les
logiciels de traitement des données.
- Pour la localisation des véhicules, lusage de balises radio est préférable au
GPS en milieu urbain dense.
- Lusage premier de ces systèmes par les transporteurs est la détermination,
lévaluation et lajustement des horaires et temps de parcours.
- Le taux de satisfaction quant à la qualité des données est très élevé (plus de
90%).
- Il est essentiel que lensemble du personnel (préparation des horaires,
planification, gestion, entretien) soit impliqué dans la mise en uvre et
lutilisation du système de comptage de manière à ce que les données soient bien
utilisées et le système maintenu en bon état.

De manière à utiliser proprement
les données recueillies, le transporteur doit avoir fait un inventaire détaillé des
arrêts dautobus et connaître précisément la distance qui les en sépare.
- Le personnel du transporteur doit être à même de traiter et danalyser la grande
quantité dinformations recueillies par un système automatique par rapport à
un comptage manuel.
- Avant la mise en place du système, on doit préparer un plan déchantillonnage
précis, précisant quand et comment les autobus équipés du système de comptage
automatique seront utilisés.
- Les conditions environnementales doivent être prises en compte dans le choix de
la technologie à utiliser, puisque il est notoire que leau, la poussière, la
neige, le sel, de même que variations importantes de température peuvent affecter le
fonctionnement des appareils. Il en est ainsi des marches-pied par exemple dont la
mécanique vient à souffrir de la corrosion provoquée par linfiltration
deau.
- On doit évaluer attentivement les besoins en données et lutilisation quon
compte en faire lorsque vient le temps de déterminer combien de véhicules seront
équipés. Par exemple, les vendeurs considèrent quil nest pas
nécessaire déquiper plus de 10% de la flotte de véhicules. De même, on tiendra
compte des différents types de véhicules compris dans la flotte.
- La possibilité de pouvoir mettre en place la technologie choisie sur différents
types de véhicules doit être prise en compte. On doit aussi considérer le déplacement
du matériel dun véhicule inutilisable (en raison de réparations par exemple)
vers un autre. Sans être complètement équipés, certains véhicules devraient être à
même de recevoir les équipements de comptage.
- Le personnel doit connaître les normes relatives aux interfaces entre systèmes de
communication propres aux transports collectifs (TCIP : Transit Communications
Interface Protocols), de manière à faciliter déventuelles mises à
niveau des équipements.
- Linstallation des équipements dans les véhicules doit être faite avec soin.
Ceci est particulièrement le cas en ce qui concerne les marche-pieds qui doivent bien
ajustés. Les équipements doivent être les plus discrets possible de façon à
décourager le vandalisme (on pense ici aux détecteurs infra-rouges).